apprécie des choses très diverses
sans esprit exclusif
Vingt neuf défenses d'éléphants et trois Kalachnikov ont été découvertes mercredi à la suite d'une opération des autorités kenyanes. La valeur de ces défenses -plus de 100 kilos
saisis- est d'autant plus inestimable qu'elle provient d'une bonne trentaine d'éléphants massacrés. "Certaines défenses semblent avoir été sciées directement sur les animaux", constate Titus
Letaapo, du Namunyak Wildlife Conservation Trust (NWCT). Aidés des rangers du Kenya Wildlife Service (KWS) et de l'administration locale, les éclaireurs du NWCT ont interpellé trois braconniers,
huit autres ayant pris la fuite. Les trois suspects ont été condamnés par la justice mais libérés après avoir payé une amende.
Le braconnage des éléphants augmente dans
la zone Est de Samburu, au nord du Kenya, depuis le mois de décembre. Fin avril, 700 kg d'ivoire ont été saisis par les responsables du KWS, à proximité de la frontière avec la Tanzanie. James
Isiche, directeur du bureau d'Afrique orientale de l'ONG IFAW, tire la sonnette d'alarme: "La fréquence des saisies d’ivoire africain est presque sans précédent. Il est nécessaire de prendre des
mesures d'urgence pour enrayer cette situation, auquel cas les éléphants, déjà été au bord de l'extinction par le passé, appartiendront bientôt à l'histoire." De 167000 individus dans les années
60, la population des pachydermes kenyans a chuté à 33000.
Le commerce de l'ivoire est interdit, sauf
exception. La Cites (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d'extinction) accorde parfois des ventes exceptionnelles. En octobre 2008, une vente
d'ivoire aux enchères a eu lieu à Windhoek (Namibie). Les négociants chinois et japonais ont acheté 7 tonnes d'ivoire pour un montant total de plus d'un million de dollars. Au début de l'année,
108 tonnes d'ivoire provenant d'Afrique du Sud, du Botswana, de Namibie et du Zimbabwe ont été vendues pour la première fois en près de dix ans. Ce stock, représentant les défenses d'environ
10000 éléphants, était en grande partie issue d'abattages sélectifs. Dans certains pays, c'est le moyen choisi, et
néanmoins controversé, pour réguler les populations recrudescentes d'éléphants.
Quel que soit
sa forme, le commerce de l'ivoire demeure une menace omniprésente pour les éléphants. "La corrélation entre cette augmentation du braconnage et des saisies avec les ventes exceptionnelles des
réserves d'ivoire accordées par la CITES ne peut plus être ignorée", ajoute James Isiche. Les saisies d'ivoire se succèdent à un rythme effréné depuis quelques mois. Plus de six tonnes, passées
en contrebande depuis la Tanzanie, ont été saisies au Vietnam et une tonne saisie en Thaïlande en provenance d'Ouganda. Une série d’actes de braconnage se sont également déroulés au Kenya depuis
le début de l'année, notamment au sein du Parc national Tsavo, un habitat essentiel pour les pachydermes. Des études effectuées récemment par la Cites en Chine, au Japon, au Myanmar et au Viet
Nam indiquent que l'on y fait ouvertement commerce de produits d'éléphants. Ce sont des marchés où les réglementations sont généralement insuffisantes et qui dépendent beaucoup de sources
illicites d'ivoire pour les produits artisanaux.
Le trafic d'espèces menacées et protégées est le troisième trafic au monde en termes de revenus générés après celui de la drogue et des armes.
8 mai 2009
Source : Six pieds sur Terre http://environnement.blogs.liberation.fr/noualhat/
(blog liberation.fr) 8 mai 2009
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